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Les conchylicoles du Tanganyika
 
Les cichlides conchylicoles du lac Tanganyika offrent aux aquariophiles des comportements plus que des couleurs. Même si certaines personnes trouvent très esthétique un mâle ocellatus bleu métallique, ou un joli multifasciatus rayé. Mais nous sommes tous plus ou moins d’accords pour dire que sur un plan purement esthétique, de nombreux poissons, ne serait-ce que dans le lac Tanganyika lui-même, offrent des couleurs plus chatoyantes que ces conchylicoles. Non, leur grand atout, d’un point de vue aquariophile, c’est avant tout leur comportement, ou devrais-je plutôt écrire, leurs comportements, au pluriel. Et surtout leur mode de vie. Une vie passée, autour, et dans une maison assez atypique pour un poisson : Une coquille d’escargot ! Le lac Tanganyika, d’où son originaire ces poissons abrite à la fois ce qui est peut-être le plus gros/grand cichlide du monde, le Boulengerochromis microlepis, (qui lui n’est pas un conchylicole évidemment!) et des espèces faisant parties des plus petites… Des espèces conchylicoles bien entendu ! Ce qui leur permet donc de vivre et de se reproduire dans de petites coquilles d’escargots.
Nous pouvons aussi rajouter d’ailleurs dans les atouts de ces poissons, leur petite taille justement, ce qui permet, pour la plupart des espèces, l’utilisation de « petits bacs », si on envisage un aquarium spécifique. Ils sont également de maintenance relativement aisée en général. Du moins, entendons nous sur le terme ‘aisé’. Si vous pensez pouvoir éviter la distribution d’une nourriture appropriée, les changements d’eau réguliers et adéquats, une surveillance minimale du bac, de ses caractéristiques et des poissons, alors, vous faites fausse route. Mais ces poissons, comme beaucoup de cichlides du Tanganyika, n’offriront que rarement de mauvaises surprises à leur éleveur si celui-ci respecte les principales règles d’or de la maintenance Vous serez également surpris de constater la facilité avec la quelle vous pourrez reproduire certaines espèces.


Remarque préalable :

Cet article se veut une introduction générale et sera incomplet dans le sens ou chaque espèce ne sera qu’abordée partiellement. L’objectif de cet article est de vous faire prendre conscience que ce groupe existe et de vous faire connaître quelques unes des espèces le constituant. Et, peut être, de vous pousser à vous y intéresser de plus prés. Maintenant, si vous souhaitez vous pencher sur une des espèces citées ici, il vous faudra lire des articles spécifiques à celle-ci. En fin d’article, je citerais quelques sites intéressants où vous pourrez trouver les informations dont vous aurez besoin pour connaître parfaitement ces poissons, les maintenir et les reproduire.


Généralités sur la maintenance des ces poissons :

Sachez en premier lieu que de nombreuses informations de ce paragraphe pourront être valables pour la plupart des espèces du lac Tanganyika.
Les conchylicoles vivent généralement en couple (isolé ou au sein d’une colonie) ou en harem plus ou moins vaste. De par leur taille, ils ne réclament pas des piscines pour leur maintenance, même si il existe quelques exceptions que nous verrons plus bas dans l’énumération des principales espèces. Un bac de 80 litres conviendra parfaitement pour un couple seul de Neolamprologus brevis ou un trio (1 mâle et 2 femelles) de Neolamprologus ocellatus par exemple.
Il faut savoir que beaucoup de cichlides du Tanganyika maintenus en aquarium sont inféodés à l’habitat rocheux, très présent dans le lac. Les conchylicoles eux, dans le lac, vivent dans les zones où se trouvent un grand nombre de coquilles d’escargots vides. En aquarium, il sera donc possible de jouer sur cette complémentarité en divisant le bac en deux zones, l’une rocheuse, l’une constituée de coquilles. Ainsi, un bac de 120 litres pourra accueillir un couple de conchylicole, et un autre de petit Julidochromis par exemple, qui occupera, lui, la zone rocheuse. Il est néanmoins conseillé de ne pas faire cohabiter deux espèces de conchylicoles dans un même bac si celui-ci n’est pas de grande capacité. Il y aura rivalité pour un même habitat : la plage de coquille. N’oubliez pas qu’il s’agit quand même de cichlides, et, comme souvent dans cette famille, ils sont territoriaux. Une remarque hors propos, mais pour les non habitués du Tanganyika : Il existe d’autres ‘zones’ possibles à aménager dans son aquarium. Telles, la zone de pleine eau, pour des Cyprichromis par exemple, ou une zone purement sablonneuse, pour des Xenotilapia.
A noter tout de fois que arrivé à une certaine surface au sol, on pourra diviser les ‘zones à coquilles’ en les espaçant ce qui permettra de maintenir plusieurs groupes/couples d’une même espèces ou plusieurs espèces conchylicoles.
Le bac en lui-même : Du sable fin, non coupant si possible (on est jamais assez prudent), et des roches en arrière plan (ou en fonction de la configuration souhaitée) pour la décoration ou la maintenance d’espèces en nécessitant.
Quelques plantes, bien que généralement absentes ou presque de leur habitat peuvent venir donner une petite touche verte dans cette grisaille. On pensera aux très solides Anubia, qui n’ont comme seul gros défaut que leur croissance très lente. On parle généralement d’une nouvelle feuille tout les mois, mais cela varie selon les espèces.
Mais n’oublions pas l’élément crucial du décor : Les coquilles d’escargot !! A moins de vous procurer des coquilles originales directement importées d’Afrique (généralement du genre Neothoma), il faudra vous rabattre sur ce qui y ressemble le plus et est le moins chère : Les coquilles d’escargots de Bourgogne. La bonne excuse pour un bon petit gueuleton ! Tout en ravalant votre haleine de beurre à l’ail, tâchez de bien décrasser les coquilles. Plusieurs fois trempées en eau bouillante, passée à l’eau de javel, ensuite très convenablement rincées. Puis rebouillies… N’hésitez pas. Certains aquariophiles utilisent d’autres types de coquilles. Il en existe une large panoplie en eau de mer. A vous de voir !
L’eau du Tanganyika est très oxygénée et minéralisée. Nous pourrions voir les caractéristiques physico-chimiques de l’eau du lac en détail, mais concentrons nous sur ce qui importe le plus pour l’aquariophile: Maintenir un PH élevé (il va jusqu’à plus de 9 dans le lac !), et garder une eau bien oxygénée et propre ! Pour se faire ? Une bonne filtration et un brassage puissant de trois fois le volume du bac par heure (à voir selon les colocataires). Un PH maintenu aux environs de 8 est convenable, les poissons du Tanganyika sont souvent solides et pourront s’adapter. Voilà donc encore un gros avantage des conchylicoles (et des cichlides du Tanganyika en général) : L’eau de conduite de chez nous, souvent très calcaire, fait très bien l’affaire. Maintenant, son utilisation doit toujours se faire avec les précautions d’usage : Evacuez le chlore avant utilisation, pour commencer. Laissez l’eau 24h, brassée par une petite pompe à air ou non, afin que le chlore s’en aille tout seul et de lui-même. Toujours garder un œil sur les nitrates, qui sont parfois présents en quantités importantes (et illégales !) et toujours rester attentif à l’éventuelle présence d’autres produits/substances nocifs.
Pour la nourriture : Un point important pour la maintenance de n’importe quel poisson !
Bien que ce ne soit pas obligatoirement toujours le cas, cela dépendant bien sûr du régime naturel du poisson, ici, rien de tel que le vivant !
Larves de moustiques blancs, pulex, cyclops (attention néanmoins aux petits alevins), vers aquatiques, daphnies, grindals, gammares, etc. Du congelé, avec des mysis et du krill, des moules et de la chaire de poisson… Et des nauplies d’artémia pour les alevins, ainsi que des micro vers et les proies ci-dessus à ajuster à leur petite bouche.
Et une recette connue de tout Tanganyiphile qui se respecte, la fameuse pâtée maison.
En quoi consiste-t-elle ? Une pâtée gélatineuse composée généralement de moule, de crevette et d’épinard. On peut faire varier les ingrédients, en rajouter, remplacer les épinards par de petits pois par exemple, adjoindre de la spiruline, diverses vitamines… Cela dépendra en fait de votre budget et surtout des poissons auxquels est destinée la pâtée. Le tout est conservé au réfrigérateur sous forme de plaquette. Bien entendu, les poissons accepteront les paillettes et autres granulés adaptés.
Dernière petite remarque: Faites attention aux colocataires ! Ainsi, on peut régulièrement lire sur les forums des récits d’aquariophiles ayant vu leur petit conchylicole mangé par un frontosa. Ne tentez pas de récréer l’équilibre chasseur/chassé de la nature dans votre bac. Celui-ci étant beaucoup plus petit que le lac !

Les espèces :

Le genre Altolamprologus :

Il existe plusieurs espèces dans ce genre, mais une seule est vraiment conchylicole, l’Altolamprologus sp. compressiceps shell Sumbu. Un poisson de 6 à 7cm pour le mâle (un peu moins pour la femelle), pas très coloré, certes, mais avec un profil bien particulier.
La mâle est trop grand pour entrer dans une coquille et n’est donc pas un conchylicole à proprement parlé, au contraire de la femelle.


Les genres « Lamprologus » et Neolamprologus :

Bon, un peu plus compliqué et vaste.
Peut être arbitraire et erroné, mais je vais devoir donner un ordre à l’énumération des différentes espèces que je citerais ici.

Lamprologus multifasciatus :
Un des plus connus et populaires. Il vit en vaste colonies dans la nature… et aura vite fait d’en faire tout autant en aquarium si on ne retire pas quelques individus de temps en temps.
Un aquarium de 80 litres suffit à démarrer une colonie. Deux couples donneront rapidement de nombreux individus qui prendront chacun leur place. Un poisson facile et fascinant. Et peu encombrant ! 2,5 à 3cm pour la femelle ! Le mâle devient un peu plus grand et atteindra les 4cm.

Neolamprologus similis :
Moins fréquent que son cousin, mais au comportement assez similaire. Nuance néanmoins : On a put l’observer dans la nature se reproduire au sein de l’habitat rocheux, et donc pondre dans des cavités. Pour le différencier du multifasciatus : Les barres sont tout simplement inversées.

Lamprologus ocellatus :
Une autre grande star du genre. 6cm pour le mâle, 4 pour la femelle, et une gueule qui a fait fondre plus d’un cichlidophile. Un caractère aussi. Des observations en perspectives, et aussi parfois des surprises, bonnes ou mauvaises. Vous voilà prévenu, mais c’est pour cela qu’on les aime les conchy, non ? Le mâle aimera avoir plus d’une femelle et pourra s’amuser à transvaser les alevins de l’une chez l’autre, voir même dans sa propre coquille.
Les ocellatus aménageront leur(s) coquille(s) comme bon leur semblera. Ils l’enterreront généralement profondément, ne laissant paraître que l’entrée. Entrée d’où l’aquariophile verra parfois jaillir du sable. C’est qu’un ocellatus se trouve à l’intérieur et fait le ménage.
Avertissement aux aquariophiles aimant plonger leur main dans l’aquarium. L’ocellatus attaquera et mordra votre main sans se poser de question ! Vous voilà prévenu, l’ocellatus est teigneux et farouche.

Lamprologus brevis :
Encore un petit poisson. Pour la taille des sexes, toujours la même chose, mâle un peu plus grand que la femelle qui, face aux 6cm de son compagnon n’en alignera que 5.
Un poisson fondant un couple fidèle, qui se reproduira dans une coquille choisie par les deux poissons. Moins agressif que l’ocellatus et plus accommodant. Il en existe un certain nombre de variétés géographiques. Certaines assez petites, d’autres où la mâle devient trop grand pour entrer dans une coquille.


 


Lamprologus calipterus :
Vous voulez recréer le vrai habitat de ce poisson ? Alors il vous faudra des milliers de litres d’eau. Surtout si vous voulez observer un comportement très intéressant chez celui-ci, consistant pour un mâle à voler l’une des femelles (et sa coquille) à un autre mâle. Une de plus, une de moins, cela ne changera pas grand-chose pour ces messieurs, qui peuvent amasser des centaines de coquilles sur leur territoire !!! Les mâles avec leur 10cm passés ne peuvent entrer dans les coquilles, seules les femelles le peuvent, avec leurs maigres 5cm.
Mais que font tout les autres mâles ? Eh bien ils se rassemblent en bandes exclusivement masculines et vagabondent dans l’habitat à la recherche de nourriture… En attendant de pouvoir fonder à leur tour leur propre colonie!

Les « conchylicoles d’aquarium » :
Il existe des poissons ayant de tels comportements de reproduction dans le lac, que la seule solution vraiment viable de les reproduire en aquarium est la mise à leur disposition de coquilles. On pensera par exemple aux Lamprologus signatus ou kungwensis. Ces poissons creusent en effet leur nid dans le substrat, une épaisse couche de vase. Conditions impossibles à recréer en aquarium. Mais qu’à cela ne tienne, ils se satisferont pleinement de coquilles et même des sauvages s’y reproduiront volontiers.


Il y a aussi d’autres espèces d’Altolamprologus, qui dans la nature se reproduisent dans de fines failles rocheuses, difficiles à recréer en aquarium. Mais un grand coquillage marin leur conviendra parfaitement. Maintenant, peut être que si le lac Tanganyika abritait des espèces d’escargots disposant d’une coquille assez grande, on pourrait observer des A. calvus se reproduire dans des coquilles dans la nature. Le mâle mesurant quand même 15cm !

Le genre Telmatochromis compte quant à lui toute une série d’espèces occasionnellement conchylicoles. Sauf T. brichardi qui serait (au conditionnel) complètement dépendant des coquilles vides qu’il trouverait.

Voilà, il existe d’autres espèces, mais comme dit en début d’article, je ne souhaite pas ici être complet. Mon but était de vous donner un aperçu des principales espèces à votre disposition.
J’espère que ces quelques lignes et photos auront stimuler votre besoin d’originalité. Nul doute que les conchylicoles pourront le rassasier.

Des liens utiles et intéressants :
Comme promis en début d’article, voici quelques liens qui vous permettront d’approfondir le sujet en général, et d’en savoir plus sur certaines espèces.

Deux associations pour commencer :
-L’AFC (Association France Cichlid). http://www.francecichlid.com/
-L’ABC (Association Belge Cichlidé). http://www.cichlidae.be/intro_abc.html
Notons que vous pouvez parfaitement vous inscrire aux deux associations, cela ne pose aucun problème, au contraire…

Des sites de particuliers :
-Destination Tanganyika Lake. http://www.destin-tanganyika.com/index.html
-Tanganyika Cichlids. http://tanganyika-cichlids.com/
-Gris Tanganyika. http://www.gris-tanganyika.com/
-Les Pages Web de Pépoint. http://burnel.club.fr/page1p.html
Ce dernier site ne traite pas spécifiquement du Tanganyika. Mais il est une source précieuse d’informations en tout genre, avec un webmaster très compétent et fiable.

Quelques sites de magasins :
Quand on parle de magasins, c’est toujours délicat, car certains peuvent soupçonner un intérêt personnel à faire mention de tel ou tel magasin. C’est bien entendu totalement faux.
Mais les beaux cichlides, contrairement aux guppies ne se trouvent pas partout !
Outre les particuliers et les bourses, les magasins restent quand même la meilleure façon d’en obtenir. Voici quelques magasins connus et réputés :

-Aqua Blue Zaire (Belgique) : http://users.pandora.be/aqua_blue_zaire/stock.htm
-Hustinx (Belgique) : http://www.hustinx-discus.com/index.php
-Mal-Ta-Vi (Allemagne) : http://www.mal-ta-vi.de/
-ISABI (Allemagne) : http://www.isabi.de/
-Franchi Cichlids (France) : http://www.franchi-cichlids.com/
-Abysse (France) : http://www.abysse-cichlides.com/sommaire.htm
-Histoires d’eau (Belgique) : http://www.histoiresdeaux.be/

Et bien d’autres que je n’ai pas (encore) visités, donc, je ne peux m’engager à vous fournir l’adresse de leur site web…
Sachez également que certains vendent par correspondance. Si vous êtes français et que vous ne souhaitez pas vous rendre en Belgique ou en Allemagne, il vous sera possible de les recevoir par la poste. Cela se passe généralement sans problème, le conditionnement étant totalement adapté. Mais n’hésitez pas à nous dire comment çà s’est passé sur le forum



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